Il m'est arrivé de perdre connaissance et de me souvenir que l'on s'affairait autour de moi. Cette affirmation est pour le moins contradictoire! Pourtant c'est celle que vit chaque personne ou presque qui a ce type d'expérience suivant un accident de quelque nature qu'il soit.
Dans mon cas j'avais à peine sept ans et j'étais sous une voiture d'où je me suis relevé et d'où j'ai marché jusque chez moi à quelques 60 mètres, avec le fémur cassé, en répétant sans cesse à qui voulait m'entendre: ma jambe! ma jambe! Je me suis finalement affalé.
Je n'étais alors pas cliniquement mort ou du moins j'imagine. Reste que j'étais témoin d'un brouhaha autour de moi. Cet événement a sans doute déclenché l'idée de "la vie après la mort" et d'un long et lent cheminement, une quête suave du sens à donner à ce constat. Je n'ai pour ainsi dire jamais parlé de cela à personne car je n'en faisais pas un plat et au moins une personne que je savais totalement athée et matérialiste m'a décrit un scénario encore plus explicite qu'il avait vécu dans un grave accident de voiture où en plus de la sienne il faillit perdre celles de femme et enfants.
Ce n'est que maintenant que cela me revient à la fin prématurée d'une nuit de sommeil qui en fait se termina par cette surprise. Il faut dire que j'ai tout mon temps pour qu'une telle impression sème en moi l'idée d'y songer à peine éveillé.
Ce n'est pas rien d'avoir tout ce temps car il s'agit peut-être là de la prise de conscience d'un moment-clef de mon existence. J'ai toujours l'impression de n'avoir jamais été tout à fait dans mon corps, au point de trouver ce qu'on appelle la vie souvent franchement absurde, au point où j'aurai fondamentalement toujours été rebelle, incapable de totalement fonctionner comme on l'exigeait de moi, autant que de mes semblables. Et c'est peut-être là mon grand malheur car j'ai toujours été sidéré par la capacité des autres à se conformer à ce qu'on exigeait d'eux.
La question fondamentale fut toujours sans doute à peu près celle-ci: à quoi ça sert tout ça? Je ne pense pas être très original avec ce type de questionnement mais la plupart de gens ne veulent surtout pas se la poser et ceux et celles qui se la pose finissent souvent par mettre fin à leur jour ou tombe parfois dans des fanatismes. Alors comment ai-je fait pour passer au travers des embûches de cette vie absurde? Eh bien justement parce que j'ai trouvé mes réponses. En fait, on me les a donner presque "tout cuit dans l'bec", comme aurait dit ma mère. J'ai été en quelque sorte extrêmement chanceux car à peine huit ans après cet accident de voiture, on m'inculquait l'essentiel de ce que je devais savoir, comme une graine. À moi de la faire fructifier.
Je me suis même rebellé contre cette révélation, cet apprentissage et il m'aura fallu près de 50 ans pour en venir à bout, c'est-à-dire l'accepter. Tout mon cheminement durant ces 50 années aura servi à tester sous toutes ses coutures ce que m'avait appris ce prof de mécanique automobile qui l'année précédente m'avait mis plusieurs fois à la porte de son cours car je le méprisais et dérangeais sa classe. C'est dire jusqu'à quel point parfois on se trompe. Il m'est même intrigant qu'il m'ait pris sous son aile pour m'apprendre ce qu'il m'a appris étant donné la façon que je l'avais traité. Il faut dire qu'après nos altercations, il s'est passé des choses qui ont fait que nous avons cliqué.
Je suis issu d'un milieu dit catholique et contrairement à ma sœur qui l'année précédente m'effrayait avec son apprentissage du cathéchisme, je fus de la première cohorte post Vatican II, celle qui allait passer du cathéchisme à la cathéchèse. À l'époque l'Église et la religion m'emballait tellement que je devins servant de messe! Il faut dire que mon père aussi me servait de modèle car il était impliqué jusqu'au cou dans les rouages de la paroisse, au point d'être un peu le maître d'œuvre de la construction d'une nouvelle église pour notre paroisse du Bon Pasteur, la bien nommée. Le point culminant de mon implication fut sans doute la messe consacrée au cinquantième anniversaire de mariage des mes grands-parents où évidemment j'étais du haut de mes dix ans assistant du curé de la paroisse, curé que j'admirais, tel un père affable et corpulent à la voix grave et douce. Pourtant je perdis graduellement mon intérêt pour la chose religieuse et passai éventuellement à d'autres activités.
Ce rite de passage n'est pourtant pas anodin et c'est avec du recul que je prends conscience de ce que fut cette période. À huit ou neuf ans on me permettait de quitter la maison pour aller servir la messe. L'église était à environ un kilomètre de chez moi. Puis je revenais tout bonnement à la maison dès après. On me responsabilisait et je me responsabilisais sans le savoir. Cette notion de responsabililté ne me serait pas venu à l'idée. Elle était toute naturelle, tel un petit animal qui doit apprendre à vivre dans son environnement. Il ne lui vient pas à l'esprit qu'il doit être responsable. C'est inné. Mais c'est ce qu'on dit socialement, nous les humains: se responsabiliser. D'ailleurs à voir aujourd'hui les parents accompagner leurs enfants partout, je me demande jusqu'à quel point le notion de responsabilisation n'aurait pas un peu perdu de son sens.
Je suis plutôt du genre technicien et mon questionnement en est toujours un des finalités: à quoi ça sert? Il en va ainsi du sens de l'existence: à quoi ça sert? Car à voir gesticuler mon entourage, je ne peux que me demander tout le temps, à quoi ça sert? Les humains sont totalement désespérants. Je n'ai toujours pas compris pourquoi la plupart d'entre eux font ce qu'ils font. Je ne vais pas m'étendre là-dessus. Ça a peu d'intérêt. Ce n'est pas quelque chose que je veux comprendre après 50 ans. Bien évidemment je le comprends très bien. Je sais tout ce qu'il y a à savoir du fonctionnement de l'espèce humaine de ce début du XXIe siècle. C'est pour cela que ce n'est pas très intéressant, voire même ennuyant dans le fond. Puéril. C'est grâce à une grande sérénité que je peux du reste dépasser tout le tas d'absurdités quotidiennes auxquelles j'assiste impuissant. En cela je ne suis pas mieux que quiconque. "On n'y peut rien".
Revenons à nos moutons. Cette expérience précoce de la conscience de l'existence en dehors du corps a servi de templin à la suite de mon existence. Bon je n'ai pas sauté de très haut. J'ai surtout plané. D'ailleurs j'avais un ami à une certaine époque qui s'appellait Justin Plané. Just in Plane. À peu près toute ma vie je me suis exécuté. J'ai fait ce qu'on me demandait de faire. Sans grande conviction. Il faillait bien que j'existe comme tout le monde. En cela je n'ai aucune originalité. Je ne cherche aucunement à me distinguer comme un grand savant. Ce que je sais, ce que je perçois est une lente démarche. Et si je devais charger des honoraires pour cet apprentissage, ce serait de l'ordre du million de dollars l'heure. Après tout il y a 50 ans de recherche derrière cela.
En partant disons que je ne suis pas trop intéressé par les réflexions d'un certain Richard Dawkins pour qui toute l'évolution n'est que le simple fruit du hasard. En cela lui et les néodarwiniens sont risibles. Ils ont échafaudé une hypothèse à propos de laquelle ils n'ont aucune preuve. Ça ne tient pas debout. Je suis résolument plus proche d'Anne Dambricourt, paléoanthropologue au Museum d'histoire naturelle à Paris. C'est par une entrevue à la radio que je l'ai découverte il y a un peu plus de 20 ans et ce qu'elle disait me servira de point d'appui pour expliquer ce que j'ai appris en parallèle. Ses recherches sont la clef-de-voûte, un début de compréhension scientifique de ce qu'est l'évolution de la vie et des différentes espèces. On ne peut pas se limiter à cela mais les avancés scientifiques dans beaucoup de domaines devraient se servir de ses recherches pour établir une meilleure compréhension du fonctionnement du tout. J'ai eu le plaisir de passer près d'une semaine avec elle à l'époque.
J'ai une grille d'analyse, une grille d'analyse disons cosmique pour faire court et tout doit être jaugé à l'aulne de cette grille-là autrement ça ne passe pas. Comme j'écrivais plus haut, je suis technicien et les notions de spiritualité, de religion, de science font intégralement partie de ma démarche. Il n'y a pas incompatibilité entre des notions de spiritualité et des notions de science. Il y a complémentarité. Je pousse le bouchon pour dire que tout le monde a raison et que personne n'a entièrement raison. Il faut faire preuve d'humilité intellectuelle dans tous les domaines. Ce qui n'est pas le fort de biens des individus qui pataugent de diverses manières affirmatives et présomptueuses en ce bas monde.
Je ne prétends pas du tout détenir toute la vérité, seule la vérité, rien que la vérité! Il s'agit de ma vision basée sur ces connaissances originales, suivis d'études, de recherche, d'observation et de réflexions sur les êtres humains par le biais de l'anthropologie, les autres thèmes sociaux, spirituels, etc., ainsi que d'autres aspects de la vie à travers ce que nous appelons le monde naturel. Ces connaissances acquises sont en quelque sorte l'autre bout de la lorgnette: comment cela fonctionne-il à partir du point de vue de l'Autre Côté et non de celui de monde matériel. Les choses prennent une toute autre perspective. Il s'agit ici pour vous de jauger la plausibilité de ce que j'avance.
Ces propos ne sont pas scientifiques comme tels bien sûr, sauf que je vais toujours tenter de maintenir une base de la rationalité dans mes explications. Ils ne peuvent non plus se targuer d'être 'scientifiques' dans le sens où ils ne peuvent être prouvés à ce moment-ci ou que tout ce que j'écris puisse être scientifiquement vérifié en tant que tel. Pourtant, si l'on considère bien des domaines scientifiques on peut considérer la nature spéculative des sciences. De nouvelles connaissances viennent altérer ce que nous avions cru être final et ouvrir les limites de ce que nous appelons la "vérité scientifique". La physique quantique, par exemple, émet des hypothèses de plus en plus inaccessibles au profane qui remettent en question des certitudes scientifiques que l'on considéraient jusqu'alors comme des vérités. Désormais très peu de choses sont scientifiquement sûrs.
Ce blog est dédié à tous les gens qui veulent 'penser hors du cadre' et à ceux qui recherchent des explications sensibles de notre présence dans ce monde.
P.S. Si je choisis d'introduire comme mots-clés de recherche "tendance suicidaire" et "suicide", c'est seulement pour essayer d'atteindre ceux qui en sont à cette étape de leur vie. Le but ici est de vous aider à comprendre que votre situation ou la mienne ou celle de toute autre personne est une construction de l'esprit qui doit être examinée et révisée. Le suicide ne fera que vous ramèner ici, exactement où vous en étiez... Il est primordial que vous travailliez sur votre cheminement différemment. Ce blogue va essayer de vous aider à voir la lumière au bout du tunnel.
À écouter:
France Culture
Les discussions du soir
Mercredi 14 décembre 2016, 22h15
L’expérience de la mort imminente comme voyage initiatique
Avec Rajâa Benamour, auteure de Sayf al-Nûr : L'épée de la Lumière, éditions Albouraq, 2016
Une émission de Leili Anvar
Téléchargement (mp3)
Je ne connais pas cette femme. J'ai écouté l'émission et elle m'a ému. C'est la raison du partage.
