mardi 9 août 2016

Science versus 'dessin intelligent'

Je ne suis pas trop intéressé par les réflexions d'un certain Richard Dawkins pour qui toute l'évolution n'est que le simple fruit du hasard. En cela lui et les néodarwiniens sont risibles. Ils ont échafaudé une hypothèse à propos de laquelle ils n'ont aucune preuve. Ça ne tient pas debout.  Avec un petit effort de l'esprit nous pourrions prouver le contraire. Juste imaginer les probabilités que tout ce qui est se soit produit par hasard est extrêmement difficile à saisir. Pourquoi tout cela se serait combiné pour former ce qui est? Je suis résolument plus proche d'Anne Dambricourt, paléoanthropologue au Museum d'histoire naturelle à Paris. C'est par une entrevue à la radio que je l'ai découverte il y a un peu plus de 20 ans et ce qu'elle disait me servira de point d'appui pour expliquer ce que j'ai appris en parallèle. Ses recherches sont la clef-de-voûte, un début de compréhension scientifique de ce qu'est l'évolution de la vie et des différentes espèces. On ne peut pas se limiter à cela mais les avancés scientifiques dans beaucoup de domaines devraient se servir de ses recherches pour établir une meilleure compréhension du fonctionnement du tout. J'ai eu le plaisir de passer près d'une semaine avec elle à l'époque.

L'aventure scientifique semble avoir comme but ultime d'apporter la preuve qu'il n'y a pas de "dessin intelligent", autrement dit que Dieu n'existe pas ou s'il existait, on l'a simplement évacué. Je pourrais faire valoir qu'il y a une conception intelligente derrière tout cela et que la science tout simplement le prouve jour après jour... Mon propos ici n'a rien à voir avec ce qu'on appelle le 'créationnisme' qui se sert de la bible notamment pour prétendre que l'univers aurait grosso-modo... 6000 ans, ce qui est insensé.

L'univers n'a ni besoin de la science ni de la spiritualité pour fonctionner. Ce sont là des élucubrations humaines qui ne doivent servir pour nous qu'à tenter de comprendre le tout. Mais le tout se fout éperdument de nous. C'est le problème principal ici: notre anthropocentrisme. On élabore tout à l'aulne de nous-même. Il faudrait prendre les choses par l'autre bout de la lorgnette. L'univers, lui, qu'est-ce qu'il veut? Ou encore, pourquoi il est là l'univers? Bien sûr, posé ainsi c'est légèrement drôle. En vérité, en vérité, je vous le dis, c'est comme ça qu'il faut se poser la question si on veut finir par aboutir à quelque chose.

Je suis très intéressé par la recherche scientifique et c'est un domaine passionnant comme tel. Par contre, j'ai ma propre grille d'analyse et je mets au test les découvertes scientifiques à travers cette grille 'cosmique' pour voir si elles tiennent la route. Je pourrais parfois être plus sceptique que convaincu par le monde scientifique. Les buts de la science deviennent flous par la cupidité et les conséquences pour les animaux, les plantes et les humains qui sont extrêmement dommageables, beaucoup plus que de ne rien faire parfois! Au point de détruire; d'auto-destruction, je pourrais ajouter. Ne plus être capable de même s'émerveiller de ce qui est là et qui est un cadeau est la difficulté ici. Comme j'écrivais plus haut, je suis technicien et les notions de spiritualité, de religion, de science font intégralement partie de ma démarche. Il n'y a pas incompatibilité entre des notions de spiritualité et des notions de science. Il y a complémentarité.

En science il y a trois notions essentielles: une hypothèse, une théorie et une loi. Très peu d'hypothèses deviennent théories ou lois. C'est là le propre de la démarche scientifique jusqu'à parfois espérer qu'une hypothèse n'aille pas plus loin. En termes de spiritualité, il n'y a que des hypothèses car on n'a pas la capacité à vérifier scientifiquement ce qu'il en est. Ce qui fait office de théorie ou de loi en spiritualité ou en religion c'est la foi et en ce qui ME concerne désormais, la conviction! Rémy Chauvin est un bon exemple de quelqu'un qui était à la fois scientifique et homme de foi. Pour lui il n'y avait aucune contradiction entre une notion et l'autre. Chacune à sa place. Chacune a sa place.

Pour cette raison, j'ai plus de respect pour la spiritualité des Indiens d'Amérique du Nord que pour la science parce qu'il y a un profond respect du monde naturel par les Autochtones alors que la science n'en a aucun. Elle ne se soucie guère de respecter le monde naturel. Elle veut le dominer. Pourtant, le comprendre et travailler en coopération avec lui devrait suffire. Non, la science et bien de ses acteurs veulent non seulement le maîtriser, mais le changer pour l'adapter à des besoins qui à la fin semblent avoir peu à voir avec la vie elle-même. Ceci est une question importante. Pas la plus importante, car il y a beaucoup de questions importantes. À la fin la question sera toujours pourquoi sommes-nous ici ? Si nous sommes ici pour tout détruire, la science et les technologies laissées à elles-mêmes nous y amènent allègrement.

Le problème est que notre point de vue est limité à ce que nous voyons. Lorsque nous avons découvert à travers un microscope qu'il y avait tout un monde dans une goutte d'eau, nous avons ouvert une fenêtre et une nouvelle perspective sur notre monde et ça ne s'est pas arrêté là. En tant que telles ces découvertes et ces nouvelles connaissances sont fascinantes. Elles auraient dû nous inciter à un certain respect envers ce qui est là à découvrir, que cela est beaucoup plus complexe que nous l'avions d'abord imaginé. Et c'est une bonne chose de considérer le monde comme étant plus que ce que nous voyons à l'œil nu. Nous devons changer notre point de vue. Mais comment?

Le monde matériel est un morceau de roche. Au sens propre. Tout est roche. Par là je veux dire que lorsque les gaz dans le cosmos cessent d'être des gaz, se refroidisse, c'est pour former des planètes, etc., et sur ces planètes des choses se produisent. Notre planète parmi toutes les autres qui nous entourent est tout à fait particulière et elle n'est certainement pas la seule de ce genre, avec des cycles de vie, etc. Pourtant, ce qui se passe dans le monde matériel est seulement une minuscule fraction du reste que nous ne voyons pas avec nos yeux nus, avec un télescope ou un microscope, etc. Il y a des matrices derrière tout cela et cela n'a rien à voir avec la série de films en passant, à l'exception de l'idée de la matrice que l'on pourrait tout aussi bien appelés archétypes, pour le moment.

Tout ce que nous voyons ou pas a une matrice ou un archétype dans d'autres dimensions de l'univers que nous ne voyons pas. Pour certaines raisons les dinosaures ne sont plus avec nous depuis longtemps, mais ils existent encore dans d'autres plans de l'univers, car il y a une matrice du dinosaure et de tout le reste. Pourquoi ne sont-ils plus ici depuis si longtemps fait partie d'un processus d'«évolution», mais cela ne fonctionne pas tant comme celui défini par Darwin. C'est plus compliqué que cela. C'est la combinaison d'éléments qui font qu.une espèce apparaît et disparaît sur cette planète. Comme il existe une matrice, il y a non seulement évolution par attrition, mais le remplacement d'une matrice par une autre. Comment cela se produit? Cela ne peut en aucun cas se produire par ce que nous avons élevé sur un piédestal depuis 150 ans, à savoir la "théorie de l'évolution des espèces" de Darwin. Tout au plus, cette soi-disant théorie est un ramassis de suppositions qui n'ont jamais été prouvées! Et c'est ce qu'on enseigne dans les écoles... Pour des gens qui se disent scientifiques, c'est pas fort!

Ce que nous savons à propos de la génétique est très partielle, mais il s'agit du code parmi d'autres éléments qui est utilisé comme forme de transfert des autres plans vers ce plan matériel. Le reste est une conversion d'énergie d'un aspect à l'autre. Je ne connais pas la recette ... Ce serait un énorme pas que de comprendre les mécanismes de cette conversion. Je pense cependant qu'il vaut mieux qu'ils restent inconnu aussi longtemps que possible, compte tenu de la capacité humaine à opérer à travers l'avidité. Je peux seulement imaginer ce que l'exploitation d'une telle connaissance donnerait à certains.

Les soi-disant peuples 'primitifs' ont accès à cela et un bon moyen de réaliser et de voir partiellement le travail de l'existence d'autres plans se fait par l'usage de drogues et de transes. Ce que le chamanisme et d'autres moyens permettent cependant de voir est seulement  une copie d'une copie d'une copie de la matrice d'origine et de ses nombreuses formes et actions. Dans le monde matériel la plupart du temps, on ne peut voir que le prochain niveau de ce qui se passe dans l'univers. Nous ne pouvons pas percer à travers des plans beaucoup plus élevé, sauf à réaliser à quel point, déjà, le prochain plan est fascinant! Donc, dire que nous sommes aveugles est un euphémisme. En fait, les gens dans les sciences sont si prétentieux avec leur peu de connaissances que c'en est risible. Les gens de la science devraient être beaucoup plus humbles parce que ce qu'ils savent est seulement ce qui se passe ici-bas.

La vie sur terre est fragile et pour obtenir une copie d'une copie d'une copie de la matrice ici a nécessité d'incroyables efforts et énergies. On pourrait dire la vie est une combinaison de 0 et 1, mais l'ADN entre autres choses ne fonctionne pas de cette façon. Nous ne sommes pas une combinaison de 0 et 1. Je me suis longtemps imaginé que derrière l'interface de l'unvers, il y avait un codage 0/1, un peu comme en informatique, voire comme la construction d'une page web quand on clique sur "afficher le code source de la page. On se rend alors compte qu'il y a une structure qui fait que la page a l'air de ce qu'elle a l'air. De là à dire que l'univers tel que nous le voyons n'est un décor est une affirmation que je ne saurais avancer. Par contre il est évident que tout cela se tient parce qu'il y a une structure sous-jacente qui le fait tenir.

Nous jouons notamment avec des produits chimiques sans savoir ce que nous faisons et en ayant plus souvent qu'autrement des effets très négatifs sur tous les êtres vivants et même sur ce qui n'a apparemment pas de vie. Nous détruisons le terrain de jeu même où nous sommes. Cela n'était pas notre mandat. Nous sommes comme un groupe d'adolescents qui traîne dans les ruelles en donnant des coups de pieds aux cannettes et en causant du trouble dans le voisinage. La plupart de tout ce que nous faisons et avons fait ces deux derniers siècles, en particulier au cours du XXe siècle a été une grande entreprise de destruction au mieux. Plus de 2000 explosions nucléaires ont été programmées par les États-Unis, l'URSS, la France, l'Angleterre, la Chine, l'Inde et le Pakistan, etc. de la fin des années 40 jusqu'aux années 90; avec des retombées radioactives colossales dont on continue de se faire saupoudrer au quotidien. Nous sommes totalement déconnectés de notre mandat spirituel et œuvrons dans la matière comme s'il n'y avait pas de lien entre l'un et l'autre.

J'ose avancé qu'il y a un corrélat évident entre l'avènement du siècle des Lumières et celui plus tard du capitalisme par la révolution industrielle. Les deux vont main dans la main car dans un cas comme dans l'autre on ne se trouble pas avec des questions d'ordre moral ou éthique.

En terminant, il y a cette extrait de conversation que j'ai saisi à la radio il y a quelques années ou qui m'a saisi dans le fond et qui résume colossalement mon propos:

« La conception humaniste et cosmique, elle est aussi vécu dans les campagnes à travers tout un mouvement de femmes qui étaient les guérisseuses, qui étaient celles qui connaissaient les plantes, leurs vertus, avec en même temps une approche de type magique ou presque chamanique et Paracelse disait lui-même que tout ce qu'il avait appris, il le devait aux sorcières. Donc on a vraiment une dialectique entre des pôles d'érudition (l'Académie de Florence, Pic de la Mirandole et d'autres) et puis, des mouvements de femmes dans les campagnes. Eh bien ce qui est intéressant, c'est qu'au même moment, entre 1550 et 1650, l'Occident va connaître l'un des plus grands massacres de son histoire, on peut dire d'une certaine manière que c'est un acte symbolique de la naissance du capitalisme: c'est le massacre des sorcières. Près de 100 000 femmes ont été tuées. Pour UN procès Galilée, on a des dizaines de milliers de procès de femmes dans les campagnes. Et tous les travaux d'anthropologie juridique qui ont été faits maintenant depuis quelques années montrent la convergence de deux argumentaires dans les procès-verbaux: on a d'un côté un argumentaire religieux, ecclésial, on devrait plutôt dire inquisitorial qui est de dire que ces femmes dans les campagnes, elles sont plutôt du côté de l'hérésie et elles ont des liens avec des démons lors de rites un petit peu sataniques, alors qu'en réalité, si on reprend les mots de l'anthropologie de l'imaginaire, elles ne faisaient que converser avec les esprits de la nature. Donc ça c'est le premier type d'arguments. Et puis le deuxième type d'argements qui est celui des cartésiens, de galiléens qui est de dire que ces femmes-là colportent des superstitions et que les véritables savoirs sont les savoirs masculins, abstraits, académiques qui doivent sortir des villes. Et ce massacre des sorcières a été un événement fondamental dans la psyché de l'Occcident et on n'a pas encore penser ce massacre-là et pour moi c'est un acte de naissance, bien évidemment pas de la modernité dans ce qu'elle a de meilleure, comme l'autonomie du sujet, mais de la modernité dans ce qu'elle a de pire, c'est-à-dire l'arrachement de l'humanité à son sol natal et à son espace de vie. » - Mohammed Taleb

France Culture
Les racines du ciel
Dimanche 28 décembre 2014
Écologie et spiritualité
Avec Mohammed Taleb
Une émission de Frédéric Lenoir et Leili Anvar

Bibliographie partielle de Mahammed Taleb
Sous la direction de Mohammed Taleb
Sciences & Archétypes
Frangments philosophiques pour un réenchantement du monde
Paris, éditions Dervy, 2002

Nature vivante et âme pacifiée
La Bégude de Mazenc, Éditions Arma Artis, 2014

L'écologie Vue du Sud
Paris, éditions Sang de la Terre, 2014

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